Edito Mai 2026
« Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit » (Ac 1, 8)
« Là où se trouve Marie il y a le Christ; et là où se trouve le Christ il y a son Esprit Saint, qui procède du Père et de Lui-même dans le saint mystère de la vie trinitaire. Les Actes des Apôtres soulignent à juste titre la présence de Marie en prière, dans le Cénacle, avec les Apôtres réunis dans l’attente de recevoir la « puissance d’En-haut ». Le « oui » de la Vierge, « fiat », attire le Don de Dieu sur l’humanité: c’est ce qui se produit à la Pentecôte, comme lors de l’Annonciation. C’est ainsi que cela continue à se produire sur le chemin de l’Église. » (Saint Jean-Paul II)
Chers frères et sœurs en Christ, le mois de mai 2026 s’ouvre à nous comme un soleil de printemps au cœur de l’année liturgique. Ce mois est exceptionnellement dense, car il permet en 31 jours le passage de la joie pascale à l’envoi missionnaire. Nous commençons ce mois dans l’éclat de la Résurrection, nous levons les yeux vers le Ciel à l’Ascension, et nous finissons embrasés par le feu de la Pentecôte.
L’audace d’être missionnaire, tel peut être notre leitmotiv en ce mois marial. Trop souvent, nous vivons notre foi comme si nous étions encore enfermés dans la « chambre haute », ce lieu où les apôtres se terraient par peur des juifs. Ce mois de mai 2026 nous exhorte à ouvrir les fenêtres de notre vie et de notre cœur. Le Christ est vivant, il a vaincu la mort, et il nous confie désormais cette Bonne Nouvelle. C’est un mois pour sortir, pour témoigner, et pour laisser l’Esprit Saint bousculer nos habitudes paroissiales et quotidiennes parfois trop tranquilles. Passer ainsi, de l’attente à l’envoi, d’un chrétien passif à un chrétien actif, tout simplement avoir l’audace de faire confiance au Christ et de nous mettre en marche.
Notre mois de Mai commence le 1er mai, avec la fête de Saint Joseph Travailleur. Dans notre monde d’aujourd’hui, où le travail est parfois perçu comme une charge ou une simple quête de profit, Saint Joseph nous rappelle que nos mains sont des instruments de sanctification. Que vous soyez artisan, cadre, étudiant ou retraité, Saint Joseph nous invite à offrir notre labeur quotidien pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Le jeudi 14 mai : la Solennité de l’Ascension. C’est le moment où le Christ entre dans sa gloire, non pour se désintéresser de nous, mais pour siéger à la droite du Père et nous préparer une place. Dix jours plus tard, le dimanche 24 mai, nous célébrerons la Solennité de la Pentecôte. Le don de l’Esprit Saint qui transforme une bande de disciples craintifs en une Église missionnaire, en un Église ouverte sur le monde. Le lendemain, 25 mai, nous honorerons Marie, Mère de l’Église, soulignant que la Vierge Marie ne nous quitte jamais dans nos épreuves communautaires. Enfin, le 31 mai, la fête de la Sainte Trinité viendra clore ce mois en nous plongeant dans le mystère insondable de l’Amour divin, un dogme , une vérité de Foi, un seul Dieu en trois personnes, modèle parfait de toute famille et de toute communauté.
« Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » (Ac 1, 11). Les anges qui interpellent les disciples nous interpellent aussi. La tentation du chrétien est de se réfugier dans une spiritualité désincarnée, d’attendre un retour spectaculaire du Seigneur tout en oubliant les urgences du monde. L’Ascension nous rappelle que le Christ a désormais besoin de nous, de nos pieds pour aller vers les exclus, de nos mains pour soigner les blessures, et de notre voix pour consoler les affligés. Ce jeudi de l’Ascension, je nous exhorte à prendre un engagement concret, celui de ne plus rester immobile.
Sans la Pentecôte, l’Évangile ne serait qu’un beau livre d’histoire ancienne. Avec la Pentecôte, il devient le début de l’ouverture et de l’envoi en mission. Recevoir l’Esprit Saint, ce n’est pas recevoir un esprit de peur, c’est recevoir une force, la force du Saint-Esprit. Cette force est celle qui nous permet de pardonner l’impardonnable, de garder l’espérance dans le deuil et de parler de Dieu sans crainte et sans peur.
L’Esprit nous distribue sept dons essentiels. Demandons-les avec ferveur. Demandons :
- – l’Esprit de Sagesse pour discerner l’essentiel du superflu,
- – l’Esprit d’Intelligence pour comprendre les Écritures,
- – l’Esprit de Conseil pour guider ceux qui doutent,
- – l’Esprit de Force pour résister aux tentations et aux découragements,
- – l’Esprit de Science pour reconnaître l’œuvre de Dieu dans la création,
- – l’Esprit de Piété pour aimer Dieu comme un Père,
– et l’Esprit de la Crainte de Dieu qui n’est pas un Esprit de peur, mais un immense respect devant sa grandeur.
Nous sommes également appelés à l’unité. L’Esprit Saint est celui qui fait l’unité dans la diversité. À la Pentecôte, chacun entend les apôtres dans sa propre langue. Cela signifie que la foi ne gomme pas nos cultures ni nos personnalités, elle les sublime. Sur notre paroisse, l’Esprit nous appelle à briser les cercles fermés. Allez vers celui qui ne vous ressemble pas, accueillez le nouveau venu, proposez vos talents. Ne laissons pas le feu s’éteindre sous la cendre de l’habitude.
On ne peut parler de mai sans parler de Marie. Elle est la figure centrale du Cénacle. Entre l’Ascension et la Pentecôte, elle est là, priante, entourée des apôtres. Elle est celle qui « enfante » l’Église dans la prière. Le mois de Marie nous invite à une piété tendre et solide. Nous vivons dans un monde bruyant et souvent violent, Marie nous offre son silence et sa douceur dans la récitation du chapelet et du rosaire.
Durant tout ce mois, nous sommes invités à redonner une place au chapelet quotidien. Ce n’est pas une prière répétitive et vaine, c’est une méditation des mystères du Christ à travers les yeux de sa mère. Allons à Jésus par Marie.
Dieu est fidèle et Il ne déçoit jamais
Abbé Paligwen Simon COMPAORÉ